Corruption et impunité au Burundi : une machine d’appauvrissement du peuple
1. Héritages historiques : de la colonisation à l’État-parti
La corruption au Burundi ne naît pas ex nihilo. Elle prend racine dans les pratiques coloniales — favoritisme, clientélisme ethnique, pillage des ressources — puis se renforce à l’indépendance, avec un État centralisé, autoritaire et fermé. Le pouvoir devient un privilège, une source d’enrichissement pour une élite, au détriment du bien commun. Le monopartisme puis les régimes successifs vont institutionnaliser ce système.
> Citation possible : « La corruption n’est pas un accident au Burundi : elle est devenue une méthode de gouvernance. »
2. Corruption systémique : du sommet de l’État au fonctionnaire local
Des marchés publics aux postes ministériels, des services fiscaux aux régies financières, tout se monnaie. Il ne s’agit plus de cas isolés mais d’un système intégré de prédation. La corruption touche :
Les ministères stratégiques (Énergie, Mines, Travaux publics, Éducation)
La justice, devenue outil de chantage ou de protection
La police et l’armée, où les promotions et les missions se négocient
Les collectivités locales, où chaque autorisation devient un commerce
> Exemple concret : En 2023, des contrats miniers accordés à des sociétés étrangères opaques ont vidé les caisses publiques sans aucune redistribution.
3. L’impunité comme bouclier politique
Au lieu de sanctionner, l’État protège. Les rapports d’enquête (lorsqu’ils existent) sont enterrés, les journalistes menacés, les lanceurs d’alerte réduits au silence. L’impunité est organisée par :
L’absence d’une justice indépendante
Le contrôle de la Cour des comptes et de l’IGE par le pouvoir
L’usage de l’ethnie ou du maquis comme totem d’immunité
> Fait marquant : Aucun haut responsable impliqué dans un scandale financier majeur n’a été condamné ces 20 dernières années.
4. Conséquences : pauvreté, exil et désespoir
La corruption n’est pas qu’un problème moral : c’est un moteur de pauvreté. Argent volé = écoles non construites, hôpitaux sans matériel, routes en ruine. Elle pousse les jeunes au désespoir ou à l’exil, creuse les inégalités et détruit la confiance dans l’État.
> Statistique à insérer : En 2024, le Burundi occupait la 171e place sur 180 à l’indice de perception de la corruption (Transparency International).
5. Résister et reconstruire : la parole des peuples se lève
Face à cette injustice, des voix s’élèvent : journalistes, activistes, religieux, citoyens en colère. Il faut bâtir :
Une mobilisation populaire pour la transparence
Une justice citoyenne et internationale
Un changement de culture politique, où le service public redevient une vocation.