Réconcilier le Burundi par l’équilibre ancestral

IKP  Ubuntu Mental - Mémoire et renaissance

Et si la Maât était la clé ?

Par Ubuntu Mental 

1. Le Burundi, pays blessé et sacré

Terre de collines et de tambours.

Terre de rois déchus, de peuples divisés, de violences répétées.

Le Burundi a traversé colonisation, assassinats politiques, ethnicisme fabriqué, pauvreté organisée.

Mais sous la blessure, il y a une mémoire vivante, une spiritualité oubliée, un ordre profond qui cherche à renaître.

2. La Maât : ordre, vérité, équilibre

Dans la civilisation égyptienne ancienne, la Maât n’est pas une loi imposée.

C’est un principe cosmique :

équilibre – justice – vérité – réciprocité – harmonie avec l’univers.

La Maât n’oppose pas. Elle restaure

l’ordre quand il est rompu, non par vengeance, mais par vérité réparatrice.

3. Et si le Burundi osait la Maât ?

Le Burundi a tenté :

  • la démocratie formelle,
  • les Accords d’Arusha,
  • la paix signée par le haut,
  • le silence forcé au nom de la stabilité.

Mais sans vérité, sans justice intérieure, aucun accord ne tient.

La Maât pourrait offrir :

  • Une justice restauratrice : où le pardon est possible après la reconnaissance des fautes.
  • Un équilibre des mémoires : où Hutu, Tutsi, Twa peuvent pleurer leurs morts ensemble, sans hiérarchie des douleurs.
  • Un redressement spirituel : non par des partis, mais par une éthique collective enracinée.

4. La Maât, pas une utopie mais un socle africain

Ce n’est pas une religion.

Ce n’est pas une idéologie importée.

C’est notre patrimoine africain le plus ancien, que nous avons oublié.

Maât signifie :

  • Dire la vérité même quand elle dérange
  • Juger selon les faits, pas selon l’ethnie
  • Restaurer ce qui a été brisé
  • Agir en équilibre avec l’autre, le monde, les ancêtres

5. Pour un Burundi Maât : propositions Ubuntu Mental

  • Un tribunal populaire de vérité Maât : où anciens, victimes, bourreaux et sages dialoguent avec sincérité
  • Une éducation Maât : dans les écoles, les familles, les médias – pour enseigner l’équilibre plutôt que la peur
  • Une gouvernance Maât : où les dirigeants sont jugés sur l’éthique, pas sur le clan
  • Une commémoration Maât : qui intègre toutes les souffrances, sans glorification ni oubli

Conclusion : sortir du cercle par le centre

Le Burundi n’a pas besoin d’un modèle occidental.

Il a besoin de retrouver son centre.

Et ce centre peut s’appeler Maât :

non comme une copie de l’Égypte ancienne,

mais comme une sagesse africaine restaurée pour guérir une terre encore divisée.

“Là où la parole est fausse, le sang coule.

Là où la justice est boiteuse, la paix tremble.

Là où la Maât renaît, le peuple respire.”

— Ubuntu Mental

Réconcilier le Burundi par l’équilibre ancestral
Michel Ndayishimiye 2 avril 2025
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