Une Carte Mentale

IKP Ubuntu Mental - Soleil d'Afrique

"Ce que l'on nomme paix n'est souvent que l'organisation du silence."

I. Nous nommons l’ennemi

Nous vivons dans un monde où le terroriste est toujours l’Autre. L’homme brun, noir, barbu, pauvre. L’ennemi du Nord. L’étranger de l’intérieur. Le peuple en colère.

Mais ce que l’on tait, ce que l’on enterre sous les décombres des bombes "intelligentes", ce que l’on gomme des manuels d’histoire, c’est le terrorisme d’en haut. Le terrorisme froid, rationnel, bureaucratique, celui des puissances impériales. Celui qui tue au nom du droit, exploite au nom de l’aide, détruit au nom de la civilisation.

Nous nommons cet ennemi : le terrorisme impérial.

II. Nous refusons l’hypocrisie

Nous refusons que ceux qui ont colonisé, pillé, massacré, déporté… se présentent encore comme les gardiens de la morale internationale.

Nous refusons que l’on nous fasse croire qu’un drone, parce qu’il est technologique, tue proprement. Qu’un embargo économique, parce qu’il est signé à Genève, n’est pas un acte de guerre. Qu’un soldat occidental en uniforme soit automatiquement un porteur de paix.

Nous refusons cette hiérarchie coloniale de la souffrance où les morts d’un camp valent plus que les morts de l’autre.

III. Nous réhabilitons la mémoire des résistances

Nous affirmons que ce que l’Empire appelle terrorisme est souvent la forme extrême de la résistance des humiliés.

Nous nous souvenons de ceux qu’on a traités de bandits, d’extrémistes, de fanatiques, alors qu’ils défendaient leur sol, leur dignité, leur peuple. De Patrice Lumumba à Thomas Sankara, de Cabral à Malcolm X, nous reconnaissons dans leur combat la légitimité du refus face à la terreur impériale.

IV. Nous appelons à la justice historique

Nous exigeons :

  • La reconnaissance pleine et entière des crimes impériaux passés et présents.
  • L’ouverture de tous les dossiers secrets sur les opérations militaires et politiques dans le Sud.
  • La réparation symbolique et matérielle des peuples meurtris par les guerres impériales.

Aucun pardon n’est possible sans vérité.

V. Nous proclamons l’urgence d’une conscience décoloniale

Il est temps de changer les mots, les cartes, les récits. D’apprendre à dire non. D’éduquer à la pensée critique. De décoloniser les universités, les médias, les ONG, les institutions.

Il est temps de construire une solidarité internationale nouvelle, entre peuples du Sud et esprits libres du Nord, entre diasporas et résistances locales.

Nous ne voulons plus d’un monde gouverné par la peur impériale. Nous voulons un monde libre, souverain, pluriel.

VI. Nous sommes la génération qui refuse de se taire

Nous sommes héritiers d’une longue lignée de luttes. Mais nous sommes aussi les bâtisseurs d’un futur où l’empire n’écrira plus seul l’histoire.

À ceux qui nous demandent de choisir entre le silence complice et le terrorisme, nous répondons : nous choisissons la vérité, la justice, la mémoire et l’espérance radicale.

Une Carte Mentale
Michel Ndayishimiye April 2, 2025
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Les morts politiques ambulants
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